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22-11-2005, 01:48 AM
« Au rez-de-chaussée du Paradis. Récits vietnamiens 1991-2003 »
Réunis, traduits et présentés par Doan Cam Thi, aux éditions Philippe Picquier, 2004
La nouvelle génération d’écrivains vietnamiens n’a pas à rougir devant ses aînés. Elle va véritablement de l’avant, tant sur le fond que sur la forme. On est rassuré en refermant le recueil de nouvelles Au rez-de-chaussée du Paradis, écrites par des auteurs qui ont autour de la trentaine. Leurs écrits ne sont plus uniquement marqués par la guerre comme ont pu l’être ceux de célébrités telles que Duong Thu Huong (Au-delà des illusions), Bao Ninh (Le chagrin de la guerre) ou le grand Nguyen Huy Thiep (Un général à la retraite). Autre grosse différence : l’ironie, la légèreté des nouveaux auteurs. Ainsi, la nouvelle What do you like for breakfast virevolte autour du morne quotidien d’une vietnamienne. On suit ses tentatives, vouées à l’échec, pour échapper à sa triste condition, et notamment son laborieux apprentissage de l’anglais et du russe. La description des cours vaut son pesant de cacahouètes ! À cause d’une femme au langage fleuri, les élèves apprennent plus vite à ponctuer leurs phrases de « putain ! » qu’à prononcer « Good Morning ». Ces auteurs jonglent avec les mots et les formes avec virtuosité quand leurs aînés adoptent des structures très classiques, des thèmes qui le sont encore davantage et un ton souvent larmoyant. La nouvelle Révélation tardive fait d’incessants aller-retour entre la fiction et le réel, ce qui permet à l’auteur de critiquer allègrement corruption, mensonges et bassesses. Une saine lecture pour avoir une vision claire du Vietnam au XXIe siècle.
Les 14 récits qui composent ce recueil sont symboliques de la nouvelle vague d’auteurs apparue dans les années 90. Si certains sont nés avant 1975 et le baby-boom, ce sont pour la plupart de jeunes écrivains privilégiant les écrits courts, plus représentatifs et adaptés à la société vietnamienne, qui est en mutation constante et rapide.
Réunis, traduits et présentés par Doan Cam Thi, aux éditions Philippe Picquier, 2004
La nouvelle génération d’écrivains vietnamiens n’a pas à rougir devant ses aînés. Elle va véritablement de l’avant, tant sur le fond que sur la forme. On est rassuré en refermant le recueil de nouvelles Au rez-de-chaussée du Paradis, écrites par des auteurs qui ont autour de la trentaine. Leurs écrits ne sont plus uniquement marqués par la guerre comme ont pu l’être ceux de célébrités telles que Duong Thu Huong (Au-delà des illusions), Bao Ninh (Le chagrin de la guerre) ou le grand Nguyen Huy Thiep (Un général à la retraite). Autre grosse différence : l’ironie, la légèreté des nouveaux auteurs. Ainsi, la nouvelle What do you like for breakfast virevolte autour du morne quotidien d’une vietnamienne. On suit ses tentatives, vouées à l’échec, pour échapper à sa triste condition, et notamment son laborieux apprentissage de l’anglais et du russe. La description des cours vaut son pesant de cacahouètes ! À cause d’une femme au langage fleuri, les élèves apprennent plus vite à ponctuer leurs phrases de « putain ! » qu’à prononcer « Good Morning ». Ces auteurs jonglent avec les mots et les formes avec virtuosité quand leurs aînés adoptent des structures très classiques, des thèmes qui le sont encore davantage et un ton souvent larmoyant. La nouvelle Révélation tardive fait d’incessants aller-retour entre la fiction et le réel, ce qui permet à l’auteur de critiquer allègrement corruption, mensonges et bassesses. Une saine lecture pour avoir une vision claire du Vietnam au XXIe siècle.
Les 14 récits qui composent ce recueil sont symboliques de la nouvelle vague d’auteurs apparue dans les années 90. Si certains sont nés avant 1975 et le baby-boom, ce sont pour la plupart de jeunes écrivains privilégiant les écrits courts, plus représentatifs et adaptés à la société vietnamienne, qui est en mutation constante et rapide.